Taux de remplissage des stades, occasion pour des villes moyennes françaises d'accueillir une compétition mondiale, impact touristique, vague d'intentions d'inscriptions en club... la Coupe du monde féminine de football qui vient de s'achever peut d'ores et déjà s'enorgueillir de multiples retombées.


La Coupe du monde féminine de football, qui s’est tenue en France du 7 juin au 7 juillet, a été "une très grande réussite" selon le comité d’organisation. Pour Gianni Infantino, le président de la Fifa, il s’agit même de "la meilleure Coupe du monde féminine de l'histoire". "C'est grâce à la fédération, au comité local d'organisation, aux régions, aux districts, aux villes, à tous les Français", poursuit-il.

Le tournoi, né en 1991 et dont on célébrait cette année la huitième édition, était organisé pour la première fois en France. Sa réussite est d’abord due à un très fort engouement populaire. Ainsi le taux de remplissage des stades s’est élevé à 74,57% et 24 rencontres se sont disputées à guichets fermés. Au total, plus de 1,1 million de spectateurs se sont pressés dans les neuf stades de la compétition pour assister aux 52 matchs, soit plus de 21.000 spectateurs par match en moyenne.

Les villes moyennes sur le devant


En termes de développement territorial, cette Coupe du monde a été l’occasion pour des villes moyennes, traditionnellement écartées de l’organisation des événements de plus grande envergure (Coupe du monde ou Euro masculins) d’accueillir une compétition mondiale suivie par 850 milliards de téléspectateurs en audience cumulée totale. Les jauges des stades de Reims ou Valenciennes, mais aussi de villes plus importantes comme Le Havre ou Grenoble, qui ne dépassent guère les 25.000 spectateurs, ont ainsi été jugées suffisantes pour l’occasion et ont souvent fait le plein. Cet accueil a par ailleurs récompensé des investissements locaux récents : parmi les neuf stades de la compétition, six sont sortis de terre ou ont connu une rénovation totale ces dix dernières années.

Le cas de Valenciennes, qui a accueilli six rencontres, est particulièrement emblématique de la réussite de l’événement. La capitale du Hainaut a quasiment rempli son stade à chaque match. Surtout, il a bénéficié de sa proximité avec deux pays participants, les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, l’Angleterre, pour attirer des touristes en grand nombre. Les supporteurs néerlandais étaient par exemple 15.000 pour le match contre le Cameroun. Pour le commerce local, cela a constitué une aubaine à une période de l’année où l’équipe professionnelle de Valenciennes, qui évolue en Ligue 2, est traditionnellement en vacances. Même constat du côté du Havre, où l’on a eu le privilège de recevoir le huitième de finale entre la France et le Brésil.

Dans les grandes villes, l’événement a également connu un beau succès, particulièrement à Lyon. Les organisateurs avaient ainsi imaginé de faire jouer les demi-finales (les 2 et 3 juillet) et la finale (le 7 juillet) dans la capitale des Gaules. Résultat : ce sont des dizaines de milliers d’Américains et quelques milliers d’Anglais, de Néerlandais et de Suédois qui ont séjourné sur place durant plusieurs jours, entraînant des retombées économiques positives sur tout le territoire, y compris dans le Beaujolais que les supporteurs étrangers ont visité en grand nombre.

Répondre aux nouveaux besoins des clubs


Côté héritage, le comité d’organisation a notamment indiqué que le programme du Service civique avait permis à des jeunes issus des territoires d’accueil d’acquérir une expérience unique en matière d’événement

Enfin, l’un des aspects qui intéresseront le plus les collectivités est contenu dans un chiffre : 10%. Il s’agit de la part des Français interrogés dans le cadre d'une enquête Odoxa pour RTL (les 3 et 4 juillet, auprès d'un échantillon de 1.004 internautes français majeurs) qui indiquent connaître dans leur entourage une jeune fille souhaitant s'inscrire dans un club de football après la Coupe du monde.

Sur ce point précis, Brigitte Henriques, vice-présidente déléguée de la Fédération française de football (FFF) et du comité d’organisation, a souligné que 3.500 nouvelles joueuses s’étaient déjà inscrites dans un club pendant la compétition, et qu’"à la rentrée, nous aurons un afflux de licenciées considérable". Avant d’ajouter : "Nous sommes prêts à les accueillir, en sachant que la barre des 200.000 sera atteinte très tôt." Selon les derniers chiffres disponibles, la FFF compte 169.000 femmes parmi ses 2,2 millions de licenciés. Pour relever ce défi, La FFF précise que 15 millions d’euros seront destinés à aider les clubs. Du côté des collectivités locales, tant en termes de subventions aux clubs que de mise à disposition des équipements, ce nouvel engouement va également nécessiter des moyens supplémentaires.


Jean Damien Lesay pour Localtis.
Photo par Jean Damien Lesay.
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