Les courses à pied sur route apparaissent de plus en plus comme des outils de développement économique et surtout de marketing sportif territorial pour les collectivités. Tel est l'un des principaux enseignements de la note d’analyse Sport éco du 14 mai, publiée par le bureau de l’économie du sport du ministère des Sports.


Intitulée "Les stratégies d’organisation des courses 'hors stade' : un enjeu-clé pour le développement du running", cette note analyse les mutations stratégiques des organisateurs de courses hors stade et explique dans quelle mesure ce phénomène participe au développement de la pratique de la course à pied. En effet, depuis le début des années 2010, les courses à pied organisées en dehors des pistes d’athlétisme battent des records de fréquentation et l’offre ne cesse de se diversifier. Environ 11.000 épreuves hors stade, organisées par la Fédération française d'athlétisme (FFA), la Fédération française de triathlon (FFTri) et la Fédération française de course d'orientation (FFCO), étaient recensées en 2018.

Rayonnement régional, national, voire international

En plein essor, ces courses font l'objet de stratégies économiques en mutation de la part des différents types d'organisateurs dans un secteur de plus en plus concurrentiel. Pour preuve, estime l'étude, "si le modèle économique des compétitions de running repose encore majoritairement sur le recours au bénévolat (clubs, associations sportives, comités départementaux) et de subventions en provenance des collectivités territoriales, ces courses suscitent aujourd’hui un intérêt croissant de la part des acteurs privés".

Pour les collectivités, explique la note d'analyse, il a longtemps été question de subventionner de "manière classique certaines compétitions ". Il s'agissait avant tout d'aider de petites associations à faire face aux frais d'organisation, notamment liés à la sécurité. Cependant, "les petites courses locales aux retours sur investissements très faibles ont aujourd’hui tendance à péricliter", pointe l'étude. Et lorsqu’elles ont lieu, "les pouvoirs publics ne disposent pas forcément des moyens financiers pour mettre en avant le potentiel touristique du territoire." Car désormais, l’implication des collectivités territoriales dans l'organisation et le soutien aux courses sur route est "plus stratégique et répond à un nouveau modèle économique", et leurs "priorités" relèvent dorénavant du "marketing sportif territorial" et du "développement économique des territoires". En conséquence, avance l'étude, "les autorités locales cherchent à mieux cibler les courses hors stade, en particulier celles au rayonnement régional, national, voire international".

Redevances et retombées économiques


En termes de modèle économique, certaines collectivités ont carrément fait volte-face. Non seulement elles ne subventionnent plus les courses mais au contraire les font payer aux organisateurs, considérant que les compétitions génèrent des frais et des nuisances publiques (circulation, sécurité, détritus, etc.). Dans certaines grandes villes, comme Paris ou Bordeaux, les villes "vendent" des événements à des organisateurs privés, comme l'on cède la concession d'un équipement. "À Paris, décrit l'étude, le changement stratégique s’est opéré au début des années 2000." Pour le marathon et le semi-marathon de Paris, la municipalité a lancé des appels d’offres. Résultat : la redevance totale atteignait 1,2 million d'euros en 2019, soit une augmentation d’environ 40% en trois ans.

Certaines collectivités vont plus loin, faisant d'une course sur route une porte d'entrée vers une offre valorisant le patrimoine naturel, culturel et touristique de leur territoire. L'étude cite le cas du Marathon du Médoc "qui s’appuie sur les caractéristiques locales pour proposer un parcours à la fois sportif et culturel, associant découverte vinicole et gastronomique". Autre approche : celle de l’Ultra-Trail du Mont Blanc (UTMB), où il est cette fois question d'attirer "un public plus aisé et plus à même d’organiser un séjour complet". En 2015, l’UTMB aurait ainsi rapporté environ 13,6 millions d'euros à l’économie de la région.

"Les courses hors stade sont un moteur d’attractivité pour les collectivités, car elles génèrent des revenus directs liés à l’organisation, des retombées économiques et des dynamiques sociales", résume la note d'analyse, avant de conclure : "Les autorités locales ont donc un intérêt particulier à accueillir ce type de manifestations sportives et à les promouvoir au même titre que des activités touristiques."

 Jean Damien Lesay pour Localtis
Photo : Laurent Grandgillot / REA

 

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