L’accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) présente "une bonne couverture mais une offre peu variée". Telle est la principale conclusion d'une étude de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV)

, réalisée en collaboration avec le commissariat général à l'Egalité des territoires (CGET) et le ministère des Sports, et publiée le 18 janvier.


"Une bonne accessibilité aux équipements et services constitue un des facteurs d’attractivité déterminants pour faciliter la vie quotidienne des habitants d’un territoire", explique l'étude dans son introduction. Or, "dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les habitants effectuent moins de déplacements que les habitants des autres quartiers et utilisent moins souvent la voiture, la marche étant le premier mode alternatif de déplacement". C'est pourquoi l’ONPV a souhaité analyser l’accessibilité à pied des habitants des QPV aux équipements sportifs.

Des équipements accessibles pour 99% des habitants


L'étude s’appuie sur deux indicateurs : d'une part, la population ayant accès aux équipements en moins de quinze minutes de marche ; de l’autre, le nombre moyen d’implantations d’équipements accessibles dans ce laps de temps pour les habitants du quartier. L’analyse a, en outre, porté sur six types d’équipements dits "structurants" pour une pratique de proximité organisée : bassins de natation, salles multisports, salles spécialisées, équipements d’athlétisme, terrains de grands jeux et courts de tennis. Les terrains extérieurs en libre accès de type city-stades, parcours sportifs ou skateparks étant exclus du champ de l'étude.

Premier enseignement : dans les QPV de France métropolitaine, malgré un taux d’équipements plus faible que dans les quartiers environnants (22 pour 10.000 habitants, contre 34), 99% des habitants peuvent accéder en moins de quinze minutes de marche à au moins un équipement sportif structurant, contre 90% des habitants des autres quartiers des unités urbaines comprenant au moins un QPV.

Accessible, pas forcément disponible


Quel que soit le type d'équipements, l’accessibilité est globalement meilleure en QPV que dans les autres quartiers de l'unité urbaine. Mais les situations diffèrent largement selon les équipements. Ainsi, les salles multisports sont accessibles en moins de quinze minutes de marche pour 95% des habitants des QPV, les salles spécialisées le sont pour 86% d'entre eux et les terrains de grands jeux pour 86%. A l'inverse, les courts de tennis ne sont accessibles dans ces mêmes conditions que pour 53% de la population des QPV, et les bassins de natation pour 47%.

En termes de nombre moyen d'équipements accessibles en quinze minutes de marche, les habitants des QPV sont encore privilégiés, avec 15,3 équipements en moyenne, contre 10,3 dans les autres quartiers. Un écart que l'étude explique par une implantation des salles multisports accessibles quatre fois plus importante qu'ailleurs et, dans une moindre mesure, celle des terrains de grands jeux (près de deux fois plus).

A propos des salles multisports, l'étude note que "si elles permettent la pratique de plusieurs activités sportives différentes, leur inconvénient majeur réside dans le manque de disponibilité de l’équipement en continu pour chacun des sports qui y sont pratiqués". En d'autres termes, ce type d'équipement est accessible mais pas forcément disponible !

Les bassins de natation toujours éloignés


Quant à l'importance du nombre des terrains de grands jeux – dont neuf sur dix sont dédiés au football –, l'étude pointe que les licences de football constituent 27,7% des licences sportives délivrées en quartiers prioritaires, contre 13,4% dans les autres quartiers des unités urbaines.

L'exemple des salles multisports et des terrains de football illustre par ailleurs le revers de la médaille : si les habitants des QPV bénéficient largement d'équipements sportifs accessibles à pied, ceux-ci sont peu variés. "Seule une minorité de quartiers prioritaires, un sur sept, permet un accès à des équipements sportifs variés, avec au moins cinq des six types d’équipements [structurants] accessibles à tous les habitants en moins de quinze minutes de marche", précise l'étude, qui ajoute : "Dans un quartier prioritaire sur deux, l’ensemble des habitants a accès au mieux à deux types d’équipements différents."

Sans surprise, les bassins de natation – "équipements coûteux à la construction et à l’entretien", selon l'étude – sont difficiles d’accès à pied dans six quartiers prioritaires sur dix. Seuls 14% de la population résidant en QPV accèdent à un bassin en moins de quinze minutes de marche.

Les quartiers de HLM mieux dotés


Il est encore à noter que l’accès à pied aux équipements sportifs varie également selon le type de QPV. Dans les quartiers de type "centres anciens", terrains de grands jeux et de tennis sont moins accessibles que dans les autres types de quartiers. Il en va de même, en ce qui concerne les installations d’athlétisme et les courts de tennis, dans les quartiers périphériques d’habitat peu denses. Les quartiers de type HLM sont les mieux dotés en équipements sportifs quel que soit le type d’équipements.

En conclusion, l'étude juge que "le manque de variété dans les équipements sportifs peut contribuer à la plus faible pratique sportive dans le cadre d’une fédération dans les quartiers prioritaires que dans les autres quartiers". En 2015, seulement 4% des licences sportives ont été délivrées à des habitants des QPV alors que 8% de la population française y réside.


Téléchargez ici le dossier détaillé sur "L’accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée"

Jean Damien Lesay pour Localtis

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