Le sport est-il le parent pauvre du mécénat d'entreprise ? Oui, à en lire un rapport de la Cour des comptes récemment publié et intitulé "Le soutien public au mécénat des entreprises". En effet, le sport ne rassemble en 2018 que 2% du budget consacré par les entreprises au mécénat, loin derrière le social (28%), la culture et le patrimoine (25%), l'éducation (23%) ou encore la santé et la recherche médicale (11%). On observe en outre un net recul de l'intérêt des entreprises pour le sport. En 2016, en effet, 12% du budget mécénat était encore consacré à ce secteur.
Comment expliquer ce peu d'attrait pour le sport ? Une première explication est à chercher du côté du manque de fondations liées au sport. Le rapport de la Cour des comptes dénombre ainsi neuf domaines d'intervention principaux des fondations en France, et le sport n'en fait pas partie. Or, comme le soulignent les rapporteurs, "l’évolution des modes d’intervention des entreprises mécènes" a conduit les fondations à occuper une "place majeure".
Pour mieux comprendre le faible niveau du mécénat en faveur du sport, on peut encore se reporter au baromètre d'Admical d'octobre 2018. On y apprend que, paradoxalement, le sport est le domaine qui mobilise le plus d'entreprises mécènes : 43% d'entre elles ont choisi de soutenir un ou plusieurs projets sportifs. Ici, la différence entre le nombre d'entreprises qui donnent au sport et le montant des dons s'explique par la taille des mécènes. "Six entreprises sur dix soutenant le sport sont des TPE [très petites entreprises, ndlr] ; ensuite, 37% sont des PME ; enfin, les ETI [entreprises de taille intermédiaire, ndlr] et grandes entreprises ne représentent que 3% des mécènes sportifs." Or ETI et grandes entreprises pèsent pour 78% dans le budget global du mécénat.

Soutien aux équipements : les mécènes veulent en savoir plus


Qui dit petites entreprises dit souvent marché local. Sans surprise, 87% des TPE mécènes dans le secteur du sport déclarent soutenir des projets à l’échelle locale ou régionale. Comme le souligne Admical, les premiers types de projets soutenus sont rattachés au territoire : événements sportifs locaux (61%) et soutien aux clubs amateurs (52%). A l'inverse, Admical juge "relativement bas" le taux d’entreprises mécènes du sport soutenant des sportifs de haut niveau (9%).
Autre domaine du mécénat sportif sur lequel les entreprises sont encore "dans l'expectative" : le soutien au développement des équipements sportifs de proximité. 31% des entreprises ayant réalisé du mécénat sportif en 2017 ont déclaré avoir donné des fonds pour un équipement, essentiellement des gymnases ou des terrains multisports, "au détriment des parcours de santé", pointe Admical. Pour convaincre les 69% d'entreprises mécènes du sport qui ne soutiennent pas les équipements de proximité, il conviendrait, selon l'étude, d'actionner deux leviers relevant des pouvoirs publics : l'information et l'accompagnement. En effet, 23% des entreprises souhaiteraient mieux connaître les carences en équipements sportifs, et 17% désirent bénéficier d’un soutien institutionnel plus important.
Enfin, le travail d'Admical a révélé que les Jeux olympiques de 2024 n'étaient pas au "coeur des préoccupations de l’ensemble des mécènes". Seules 5% des entreprises mécènes hors domaine sportif pensent que cet événement pourrait les inciter à modifier leur politique de mécénat et s’engager dans cette voie.

Par Localtis

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